
A moins de 2 mois du départ vous allez me dire “il était temps !”. C’est vrai, c’est pas joli joli d’attendre le dernier moment comme ça ! Mais là ça y est : on a enfin décidé de régler le problème des vaccins. Histoire de ne pas revenir plus tôt que prévu parce qu’on aura choppé je ne sais quelle maladie là-bas.
Enfin si, je sais quelle maladie ! On s’est un peu renseigné du coup quand même. Donc peuvent nous attendre au menu : paludisme, fièvre jaune, hépatite A, rage et fièvre typhoïde. Rien que ça. Des joyeusetés servies non pas sur un plateau d’argent, mais via nos futurs colocataires de tente, les moustiques, et l’eau pas potable qu’il ne faudra boire sous aucun prétexte.
Matthieu, mieux organisé (je l’avoue) et surtout plus libre dans son emploi du temps que moi, s’est occupé de tout. Son médecin lui annonce que si certains vaccins ne lui semblent pas obligatoires (comme la rage par exemple… mais on compte se renseigner chez un spécialiste) les autres sont inévitables, ne serait-ce que pour avoir droit de poser le pied en terre brésilienne.
Montant total des opérations : plus de 100 € non remboursés, sans compter les rappels des vaccins français qui seront en revanche prise en charge par la sécurité sociale.
YOUPI !
On keep the peach quand même : un voyage au bout du monde ça se paie après tout !
PS : J’allais oublier ! Il faut aussi qu’on se renseigne sur le traitement anti-paludisme le plus adapté et, ô joie, ça non plus c’est pas remboursé ! hihihi

Voilà, c’est à peu près la seule chose que j’ai pu dire en allemand à la gentille hôtesse de Condor (compagnie aérienne, allemande donc, par laquelle nous partons au Brésil) pour obtenir un renseignement et en faisant la traduction sur google translate avant. Evidemment, la communication a été abrégée : je n’ai RIEN compris à sa réponse. Fort accent, problème de téléphone, patate chaude dans la bouche… je ne sais pas, mais l’allemand (la langue, pas l’habitant) et moi, en tous cas ça fait deux, voire trois.
J’avais déjà eu l’expérience à Berlin l’année dernière quand nous avons eu (Lisa et moi) à demander notre chemin à la gare centrale. Personne n’a fait l’effort de nous parler en anglais, prétextant même de ne pas SAVOIR parler un mot d’anglais. Dans un point d’informations d’une gare centrale d’une capitale comme Berlin ? Traversée par des centaines de touristes étrangers tous les jours ? Vraiment ? Non mais oh !
Cette fois, pas la peine de perdre mon temps. Ce n’est pas en prenant un cour rapide de LV3 que j’obtiendrai mes réponses.
THE POINT IS qu’on a acheté qu’un aller simple pour le Brésil, qu’on compte rester dans le pays moins de 3 mois avant de poursuivre l’aventure (vers l’infini et l’au-delà !) et qu’on a donc pas besoin de visa… normalement. SAUF QUE ! Condor nous a écrit en gras et lettres capitales sur notre réservation :
Un billet de retour/de transit ou le permis de séjour correspondant doit être présenté lors de l’entrée dans la zone de destination. Faute de quoi, l’entrée ne sera pas autorisée.
En gros, pas de preuve qu’on quitte le Brésil avant 3 mois, pas d’embarquement depuis Paris. Youpi !
Si le Consulat du Brésil nous assure qu’un simple billet de bus pour l’Argentine, ou tout autre pays de l’Amérique du Sud, suffira à prouver qu’on ne compte pas rester sur le territoire plus de 3 mois, pour Condor, rien n’est moins sûr. Le siège de la compagnie étant en Allemagne et le standard français semblant totalement inoccupé depuis 2 jours, je suis passée par l’option mail et ai écrit de mon plus bel anglais “WHAT THE FUCK ?”. Non en vrai, je suis restée polie.
Maintenant, y’a plus qu’à attendre… Mais faudrait que Condor s’active vite, histoire que notre voyage ne s’interrompe pas dès la salle d’embarquement à Paris !
Mon projet de voyage ne date pas d’hier, puisque mes premières envies de quitter la France remontent à l’année dernière environ.
Aussi loin que je me souvienne, je ne me suis jamais sentie plus Française que ça, patriotiquement parlant. Certainement à cause de tous les voyages et déménagements que j’ai pu faire avec mes parents, qui ne m’ont jamais permis de m’attacher à un endroit en particulier ou de m’ancrer dans une seule et unique façon de penser. Mais surtout, parce qu’il y a encore jusqu’à très peu de temps, je ne me sentais pas à même de juger la société dans laquelle je vis. Trop jeune, trop naïve aussi.
Ma meilleure amie est Vénézuélienne et bien qu’elle vive en France depuis bientôt 15 ans, elle n’oublie pas Caracas et est fière de se revendiquer latine. Elle n’a jamais compris pourquoi moi, en revanche, je n’étais pas fière de dire que la France était mon pays. Ce n’est pas le mien, c’est celui dans lequel je vis… pour le moment.
Et finalement plus je grandis, plus j’ai envie de le quitter.
Déjà que je ne le portais pas particulièrement dans mon cœur jusque là, sans avoir rien à lui reprocher en particulier, aujourd’hui, il ne me retient vraiment plus. Je ne sais pas si c’est la période électorale qui excite tout le monde, si la communication est irrémédiablement bouchée entre les hommes à cause de l’hypocrisie qui les conditionne, ou si c’est juste typiquement français de râler et se plaindre tout le temps sans raison apparente (LE cliché qui nous représente à l’étranger, il ne faut pas l’oublier), mais ces semaines passées m’ont transformée en boule de nerfs au point d’en arriver à me dire que j’ai HONTE de la France !!!
Ce n’est parti de pas grand-chose à vrai dire. La source ? Une twitasse* qui pour occuper sa triste vie n’a rien trouvé de mieux à faire que de déformer mes propos et me faire passer pour une antisémite aux yeux de son petit public d’abonnés qu’elle considère comme ses amis ou des gens importants et que moi je considère comme des inconnus dont je n’ai que faire. « L’enfer c’est les autres » disait Jean-Paul, je suis arrivée à vivre avec, surtout à Paris. Non, là où ça ne va pas, c’est quand ladite twitasse dépasse les bornes en mêlant ma vie professionnelle à ses diffamations et tente vainement de me faire virer. Pathétique, désolant et presque inutile. Je dis presque parce que son geste a été efficace en UNE chose : me faire remarquer avec désolation qu’aujourd’hui on ne peut plus RIEN dire sans passer pour une raciste, une homophobe, une sexiste, ou en l’occurrence une antisémite.
Facile de décontextualiser des propos pour ne plus en lire que le côté littéral alors qu’ils faisaient partie d’une blague. Facile de montrer du doigt les gens assez ouverts d’esprit pour encore arriver à rire de tout sans se dire « han, faut que je fasse attention, ce que je dis peut être pris pour du racisme ! ». Le vrai racisme, la vraie peur, ce sont les gens comme cette twitasse, fermée et faible d’esprit, qui les créent.
Ce chapitre clos, un autre fait m’a aujourd’hui confirmé que rien n’allait plus ; un article relayé par Fluctuat au sujet d’Intouchables. Certainement pas un chef d’œuvre mais largement assez drôle et rafraîchissant pour mériter ses millions d’entrées, ce film s’est vu défoncer par la critique française ET américaine qui lui prête un message raciste et démago. COME ON ! N’avez-vous donc aucun humour messieurs les journalistes ? Vous qui travaillez dans la communication, ne prêtez pas à ce film une image qu’il n’a jamais voulu emprunter. Ne prêtez pas à la France une réputation PIRE qu’elle n’a déjà. En tenant ce genre de propos, vous aussi, comme mon amie la twitasse, créez un racisme qui n’existe pas et donnez de l’importance aux extrêmes. Alors, ne venez pas vous étonner si Marine gagne à sa cause un peuple que vous aurez conditionné dans un racisme imaginaire.
En attendant, comme a dit Nicolas : « la France, tu l’aimes ou tu la quittes ». Bah moi, je la quitte.
*(Définition : n.f. usagère du réseau social Twitter qui s’épanche frénétiquement sur ses moindres faits, gestes et états d’âme à longueur de journée pour se sentir exister. Connue également pour enquiquiner des gens qu’elle ne connaît pas pour le plaisir/par jalousie/par ennui. Synonyme : trentenaire très mal dans sa peau)
Vous allez vous dire que je passe mon temps à râler sur ce blog… Et vous aurez raison ! En attendant de vous offrir de belles photos de jungles, cascades, plages et autres paysages exotiques tous plus beaux les uns que les autres, petit point “administration française de mes c******s”.
Si côté passeport, je suis ENFIN tranquille (et n’ai plus qu’à attendre 3 petites semaines pour obtenir mon sésame), le problème du “on part sans visa, ou pas ? on achète un billet de retour ou on la joue freestyle ?”, n’est toujours pas réglé.
Le Consulat nous laisse dans l’expectative la plus totale, nous promettant qu’on peut partir sans billet de retour, tout en nous précisant cependant que la police fédérale pourra faire des siennes à notre arrivée. La compagnie aérienne exige quant à elle un laisser passer officiel de l”ambassy” sans lequel le “check in” (on cause anglais avec ladite compagnie, vu qu’elle est allemande, rappelez-vous) ne nous sera pas accessible.
En parallèle, différents contacts baroudeurs nous assurent qu’ils n’ont eu aucun problème lors de leurs périples au Brésil et les forums de voyage vont à peu près tous dans le même sens…
On a donc jusqu’au 16 janvier - date du rendez-vous avec le Consulat, parce que je ne compte pas les lâcher ! - pour savoir si on se la joue rebelles de l’espace et qu’on part en connaissant les risques de refoulage à l’aéroport de Paris et de Salvador de Bahia, OU BIEN si on choisit l’option plus secure en prenant un billet de retour avec date modifiable qui nous coûtera un bras chacun.
En attendant, on va se péter le bide aux escargots et au saumon fumé pour réfléchir à tout ça.
J’ai beau avoir regardé pas mal épisodes de “J’irai dormir chez vous” d’Antoine de Maximy, avoir eu même la chance de rencontrer ce pro du baroudage qui m’a bluffée en m’expliquant son assurance à oser demander franco “je peux squatter chez vous cette nuit ?” et j’ai beau même avoir deux ou trois potes, disséminés ça et là dans le monde, qui pratiquent cette technique sans problème, je ne sais pas encore si j’aurai le courage de les imiter.
Pourtant, ce serait ce qu’il y a de mieux à faire pour que nous soyons vraiment au contact des populations comme nous l’envisageons. Alors heureusement, le couchsurfing existe !
Le principe est un peu le même que de demander directement un toit pour la nuit aux rencontres inopinées, sauf que là, tout se passe virtuellement via un site sur lequel les utilisateurs font connaissance au préalable en remplissant au mieux leur profil et en s’échangeant des mails. Résultat, tout le monde est rassuré, les accueilleurs, les accueillis (et les familles, accessoirement) et on peut profiter d’un canapé moelleux pour bien dormir, voire même d’une chambre d’amis.
Testé et validé lors de notre escapade en Ecosse (une rencontre forte intéressante avec un Scottish pure souche qui nous a fait découvrir son pays natal à travers de longues conversations alcoolisées à la Guinness), on espère que le concept s’est étendu au delà des grandes villes en Amérique du Sud pour nous épargner de payer l’hôtel et surtout, pour nous permettre de faire de vraies belles rencontres.
Et puis si on ne trouve pas, il ne me restera plus qu’à faire confiance à notre chance et à me laisser un peu aller sur les règles de bienséance. Tout ce qu’on risque finalement, c’est de faire la connaissance de gens très sympas !
A 11 jours du départ, il ne nous reste plus rien à acheter d’indispensable (sauf la trousse à pharmacie) et juste quelques dernières formalités à remplir (comme déménager les derniers cartons qui envahissent les 2/3 de notre petit espace vital, accessoirement…).
L’occasion de faire le point sur le budget des préparatifs.
Je crois que j’ai fait le tour.
Le reste (sacs à dos, chaussures de randonnée, bracelets anti-moustiques, drap de plage, guide d’espagnol pour les nuls, sacoche pour le netbook et cartes SD) nous a été offert par nos frangines et parents respectifs. Encore merci !
Reste plus qu’à tester les sacs, envahir le grenier de mon Parrain avec nos cartons, se fournir en médocs et dire au-revoir comme il se doit aux potes.
Pour notre soirée de départ, nous avons décidé d’emmener nos potes faire un petit tour du côté du Mexique pour goûter à l’une des traditions locales les plus culturelles : la lucha libre, soit une forme de catch fort en pirouettes masquées. Direction le bar du même nom, dans le 5e, pour un show qui sentait bon la testostérone, la corona et la sueur de mâle.

Après le show des pros, les mecs (et même les filles !) dont Matthieu alias Pedro (le plus beau et le plus fort !), Thomas alias Papa, Clémence et Gwendoline dans l’équipe des Poussins, Sly et Mathieu (encore un autre) dans les rôles de Bounty Killer vs Afro Sumo et messieurs Seb et Alex, ont enfilé de seyants costumes en mousse pour nous offrir le clou de la soirée.
Cliquez ICI pour retrouver les autres combats en vidéos.
Encore merci à tous pour ce beau spectacle, le succulent resto coréen juste avant et le kit de survie des C&C qui nous sera plus que très utile. On vous kiffe les gens !