La Quiaca-Villazon, première frontière passée à pied. Les magasins qui vendent de tout, les restos à 1€50, le froid qui te réveille en pleine nuit. Bienvenue en Bolivie ! De là, on continue de modifier nos habitudes de voyage ; premier train direction Uyuni. Des paysages merveilleux, Siempre Mayas pendant des heures, puis, qui l’eut cru, un film pire encore : El Duro, de la poussière plein les poumons. Bobolivie… On arrive au milieu de la nuit.
Uyuni nous accueille avec des toilettes bouchées où flotte la mort. Ce n’est pas ça qui nous empêchera de manger sur les marchés. On goûte le Llama. Pour deux euros Marie nous en fera une délicieuse variation avec des légumes locaux. La ville est un peu tristounette, à l’image de la clinique des Carmélites, mais pas sans charme. Chez Dali on nous propose des prix soit disant surréalistes, bon public et mauvais négociateurs, on accepte sans réfléchir. Pour le coup on ne s’en sort pas si mal. Le lendemain direction le salar pour trois jours d’excursions. Comparaison :
Uyuni
Le plus grand salar du monde; un désert de sel à perte de vue et des photos rigolotes en perspective +1
Des lagunes sympas et soudain la lagune Colorado (égalité)
Des petits geysers et une piscine qui a plutôt l’air d’un bac à sable pour clochards -1
Un guide aussi loquace que Trintignant dans Le Grand Silence -1
Malgré le froid, un mémorable hôtel de sel et un dortoir où le vin est offert +1
San Pedro de Atacama
Le troisième plus grand salar, un crépi de sel et de roche où la ballade est un peu courte -1
Des lagunes plus sympas encore jusqu’à la géniale Cejar (égalité)
Des geysers mégaimpressionants et une piscine hyprarelaxante +1
Quatre guides sympathiques pas avares en explications +1
Tous les soirs retours à l’hôtel, confortable mais bien plus onéreux -1
Bilan : Egalité
Les deux tours sont assez complémentaires si l’on souhaite découvrir toutes les merveilles de la région. Si les geysers par exemple font plus partie du paysage avec le lever de soleil en fond tandis qu’à San Pedro ils faisaient le spectacle à eux seuls, rien que le salar vaut amplement le déplacement. Niveau lagunes, on s’en prend plein la tronche des deux côtés. Et si la flottaison de la Cejar est inoubliable, la couleur du Colorado est toute aussi mémorable. Moins chère que sa voisine San Pedro de Atacama, Uyuni reste un passage des plus recommandables pour les voyageurs à la recherche de sensations fortes.
De notre côté on a même eu droit à une crevaison en plein désert, sans rien pour réparer la voiture, quatre kilomètres sur la jante, avant de rentrer à toute vitesse jusqu’à ce qu’un type en camionnette nous fasse un remake du Duel de Spielberg. Finalement on sera arrivés juste à temps pour le dernier bus pour La Paz, nous offrant une dernière sensation forte avec ce beau trajet de nuit qui te remet autant de vertèbres en place qu’il t’en déplace, des odeurs de caca en prime pour te réveiller entre deux arrêts. Ah, folklorique Bolivie…
Histoire et civilisation
N’ayant pas fait de couch-surfing et ayant eu très peu de contacts avec les locaux, nous avons surtout été deux gros touristes dans ce pays et donc considérés comme tels. C’est à dire : des pigeons. Les touristes sont là pour dépenser de l’argent et le Bolivien ne manquera pas de nous rappeler. Triste réalité. Surtout pour les Américains, détestés à travers le pays.
Gastronomie
La richesse culinaire de la Bolivie se ressent dès Villazon, à la frontière. Des patates par milliers, de la viande de lama qu’on mange en chop-suey, des oranges pressées minute pour une poignée de centimes, des soupes et desserts étranges. Si l’hygiène n’est pas toujours au rendez-vous, on ne pourra pas éviter de tester les marchés.
Transports
La Bolivie jouit encore d’un réseau ferroviaire sur une petite partie de la région antiplanique. Pour 8€ et 9h de trajet dans un tchou-tchou de l’an Pépin, nous avons traversé le pays depuis Villazon (la frontière avec l’Argentine) jusqu’à Uyuni. Vu l’isolation toute relative de l’engin, tu manges du sables, mais l’expérience est à faire. Pour le reste, un bon vieux réseau de bus assure les connexions et vu l’insécurité légendaire du pays, mieux vaut mettre le prix (rajouter 3€) pour choisir une bonne compagnie et voyager de jour. Nous avons cependant fait Uyuni-La Paz via Panamericano dans un vieux bus pas très rassurant mais qui nous a emmené à bon port et de nuit pour 90 bolivianos (donc 9€) puis La Paz-Cusco pour 8€ encore contre 10h de voyage. Sur ce trajet il n’y a que deux compagnies (dont j’ai oublié les noms) et elles se valent.