Pas grand chose à dire sur la ville d’Encarnacion même, étant donné qu’on y était juste pour se rapprocher des sites de missions jésuites. La ville est surtout intéressante pour sa mini plage où tu peux te rafraîchir un peu au milieu des poissons, mais c’est tout, donc je laisserai les photos vous donner un aperçu de notre dernière visite au Paraguay.
Première plage depuis L’Uruguay pour moi et Le Paraguay pour Marie qui n’a pas l’âme d’une surfeuse. Autant dire que ça commençait à dater. En arrivant de nuit, dès la sortie de l’hôtel recommandé par Raf à Guayaquil, un moto-taxi nous alpague en pleine rue et nous propose un tour pour le lendemain. La faim m’empêche de négocier, du coup je ne suis pas hyper réceptif. N’en déplaise à notre ami, il négocie tout seul jusqu’à à arriver à un prix très raisonnable. On accepte (c’est ça de moins à faire le lendemain) et on va dîner au Spondylus (du nom du coquillage qui paraît-il servait de monnaie aux Incas) un poisson à la sauce cacahuètes pour Marie et des pâtes au poulpe pour moi.

Au réveil, direction la plage pour embarquer voir les baleines, venues se reproduire en cette saison au bord de la côte. Le tour commence tranquillement, très tranquillement avec de longues explications qui font bailler sur la plage. Enfin on part et les grands cétacés sortent parfois au loin tandis que les bateaux leur tournent autour. Ca fait un peut safiri maritime et on ne voit pas grand chose jusqu’à ce que notre guide décide de partir plus au large observer d’autres groupes. Bientôt la côte a disparu et là, tandis que je m’apprête à monter sur le toit du bateau pour voir mieux, des géants majestueux sortent de l’eau pour nous saluer. Je n’aurai jamais pensé les voir de si près. Ils passeront sous le bateau, ressortant à trois mètres seulement de l’embarcation. Spectaculaire !
Le tour se termine par un petite virée au bord des rochers pour une (trop) courte séance de snorkeling. Tandis qu’une femme vomit à l’arrière du navire nous plongeons équipés de masque et tuba vérifier ce qu’elle n’avait pas digéré. Marie, qui n’a pas non plus l’âme d’une snorkleuse nous attend en faisant bronzette.

Comme nous ne nous sommes pas baignés beaucoup nous consacrons le deuxième jour aux Frailes, l’une des plus belles plages d’Equateur (encore payante il y a peu du fait qu’elle fait partie d’un parc national protégé) et certainement la plus propre que nous ayons pu voir. Entourée de falaises, cette plage sublime nous offre un agréable moment de détente.
Le troisième jour, avant de partir pour Baños nous remettons ça mais sur la plage de Puerto Lopez, plus proche, d’où partent les pêcheurs. Le séjour aura été reposant et nous attendons désormais avec impatience la mer des Caraïbes pour perfectionner nos coups de soleil.
Qu’y a-t-il de pire qu’une jolie fille, qui, consciente de ses charmes, pense avoir le monde à ses pieds ? Cartagena a tout pour plaire. Un centre ville rustique en façade où le luxe se cache derrière des murs rongés par le temps, la mer a deux pas pour balancer avec les températures et partout des couleurs qui donnent envie d’être heureux.

Pourtant, un peu comme à Cuzco, le sentiment est double. Passé l’émerveillement, la tristesse gagne du terrain. D’abord il y a la misère, plus visible, avec son cortège de prostituées et de crackmen. Ensuite, loin de la chaleur (humaine) de Cali, Cartagena n’a que celle du thermomètre pour attiser le brasier. La mer, on a connu mieux. Le rêve des Caraïbes est à chercher ailleurs. Même Playa Blanca déçoit, sale et très touristique. Là, les gens ne sont pas les moins désintéressés du pays. Jusqu’à la table, entre le poisson et la citronnade, on essaie de te vendre des coquillages…

Et puis tout est cher, très cher, sur la plage comme dans la rue, du tour de calèche (normal me direz-vous) à la simple carte postale. Alors quand le service ne suit pas, la chaleur nous monte à la tête et au bout de sept mois de voyage, on fait peut-être la fine bouche, mais on tire la gueule. A l’hôtel Marlin sur Medialuna, le personnel est scandaleusement mauvais et il nous faudra aller taper à la porte d’à côté, chez Mamallena, pour trouver un service digne de ce nom et une ambiance véritablement chaleureuse.

Au final on ne sera restés que quatre jours sur place, dont deux à Playa Blanca avec en prime la pire nuit du voyage, en camping encore, heureusement atténuée par un réveil, soyons-franc jusqu’au bout, assez magique, et s’il faut bien l’avouer, nous n’avons pas fait que de mauvaises rencontres, nous écartant un peu du charme en toc pour des quartiers plus traditionnels comme la plazuela de la Santisima Trinidad, Cartagena est loin de nous manquer. Pour les gens, on a préféré Cali, pour la plage, Tayrona. Cartagena, que te reste-t-il ? Une beauté lépreuse le long des murs rongés par le temps.
C’est par Riohacha qu’on est arrivé dans le département de la Guajira. Capitale de cette division, on nous avait prévenu que la ville n’était pas très touristique. En arrivant à l’hôtel Castillo del Mar, où on nous avait annoncé qu’en louant un dortoir on aurait l’impression d’avoir un appartement vu qu’il n’y a jamais personne, on en a presque douté. En effet, plus de place en dortoir et les seules chambres disponibles sont à quasi cinquante euros la nuit. Heureusement, le réceptionniste sympathique réserve pour nous dans un autre hôtel qui correspondent mieux à notre budget.

Quartier du marché. L’international. Des chambres à guère plus de quinze euros. De l’animation. Un seul resto dans les parages, spécialisé dans le poulet, jamais là quand il faut apparemment puisqu’il s’est fait braqué la veille de notre dîner. Chouette ! On a quand même de la chance parce que des restos, dans la ville, il n’y en a pas des masses. Le tour est vite fait, la plage à l’aller et… la plage au retour. On ne prend même pas le temps de la tester autrement qu’en balade puisqu’une autre nous attend : celle de Cabo de la Vella.

Cabo, c’est toute une aventure. Ça commence par une voiture qui t’emmène à Uribia, une ville poubelle assez bordélique du peu qu’on en ait vu. De là, une Jeep collective plutôt inconfortable t’embarque pour plus de deux heures dans des paysages désertiques. Enfin arrivé à Cabo (une rue bordée de maisons des deux côtés avec la plage derrière) tu t’arrêtes à une des habitations (elles servent toutes d’hôtel et de restaurant) ou tu choisis un hamac ou une chambre et où tu te rends compte qu’il va te falloir cohabiter avec tes deux pires ennemis : la chaleur et le moustique.

Jusqu’au bout, Cabo, c’est l’aventure. Pas d’eau courante, juste celle qu’il faut aller chercher au puits pour se laver, ou celle de la mer pour tirer la chasse. Le jour, des petites odeurs d’excréments peuvent te surprendre à tous moments. La plage ne fait pas rêver. Et malgré cette importante infrastructure touristique, tu ne rencontres effectivement pas beaucoup de touristes. Là, on croirait que le temps s’est arrêté entre des paysages d’Afrique et des ambiances à la Sergio Leone. Que faire ? Visiter le Pain de sucre ou le phare. C’est là les deux seules activités proposées et on se demande comment les gens qui vivent là à l’année peuvent bien s’occuper le reste du temps. On n’a pas trouvé la réponse. Mais ils sont très sympas, c’est déjà ça.

La première journée nous déçoit un peu. Arrivés tard, on reste en ville et malgré une délicieuse langouste à dix euros pour le dîner, on aurait presque peur pour le lendemain. Mais ça, c’est avant de découvrir le Pain de sucre. On l’a raté à Rio au Brésil, on s’est rattrapé à Cabo. La vue depuis ce cerro (petit mont) n’est pas désagréable et la plage paradisiaque à son pied est véritablement salvatrice. C’est la dernière du voyage alors on en profite jusqu’à quatre heures de l’après-midi, se faisant même livrer un poulet par l’hôtel vu qu’il n’y a rien pour déjeuner sur place, juste quelques Wayuus (l’éthnie locale dont la plupart des femmes se peignent le visage en noir et on ne sait pas non plus pourquoi) qui te proposent de l’artisanat ou une boisson fraîche.

De là, on file au phare pour profiter du coucher de soleil. C’est effectivement le meilleur endroit pour le voir même si tu sens (faut voir la gueule du phare) que ça commence à tirer un peu sur la corde du tourisme. Voilà une parfaite journée qui se termine avec une dernière langouste (c’est la fête !) et une courte nuit. Les Jeeps repartent à 4h30 pour un voyage épique dans l’autre sens.

En direct de Riohacha, frais comme des poissons panés, nous voilà prêts à terminer pour de bon (ou presque) le voyage avec Bogota. La suite dans 21h de bus…