Mon projet de voyage ne date pas d’hier, puisque mes premières envies de quitter la France remontent à l’année dernière environ.
Aussi loin que je me souvienne, je ne me suis jamais sentie plus Française que ça, patriotiquement parlant. Certainement à cause de tous les voyages et déménagements que j’ai pu faire avec mes parents, qui ne m’ont jamais permis de m’attacher à un endroit en particulier ou de m’ancrer dans une seule et unique façon de penser. Mais surtout, parce qu’il y a encore jusqu’à très peu de temps, je ne me sentais pas à même de juger la société dans laquelle je vis. Trop jeune, trop naïve aussi.
Ma meilleure amie est Vénézuélienne et bien qu’elle vive en France depuis bientôt 15 ans, elle n’oublie pas Caracas et est fière de se revendiquer latine. Elle n’a jamais compris pourquoi moi, en revanche, je n’étais pas fière de dire que la France était mon pays. Ce n’est pas le mien, c’est celui dans lequel je vis… pour le moment.
Et finalement plus je grandis, plus j’ai envie de le quitter.
Déjà que je ne le portais pas particulièrement dans mon cœur jusque là, sans avoir rien à lui reprocher en particulier, aujourd’hui, il ne me retient vraiment plus. Je ne sais pas si c’est la période électorale qui excite tout le monde, si la communication est irrémédiablement bouchée entre les hommes à cause de l’hypocrisie qui les conditionne, ou si c’est juste typiquement français de râler et se plaindre tout le temps sans raison apparente (LE cliché qui nous représente à l’étranger, il ne faut pas l’oublier), mais ces semaines passées m’ont transformée en boule de nerfs au point d’en arriver à me dire que j’ai HONTE de la France !!!
Ce n’est parti de pas grand-chose à vrai dire. La source ? Une twitasse* qui pour occuper sa triste vie n’a rien trouvé de mieux à faire que de déformer mes propos et me faire passer pour une antisémite aux yeux de son petit public d’abonnés qu’elle considère comme ses amis ou des gens importants et que moi je considère comme des inconnus dont je n’ai que faire. « L’enfer c’est les autres » disait Jean-Paul, je suis arrivée à vivre avec, surtout à Paris. Non, là où ça ne va pas, c’est quand ladite twitasse dépasse les bornes en mêlant ma vie professionnelle à ses diffamations et tente vainement de me faire virer. Pathétique, désolant et presque inutile. Je dis presque parce que son geste a été efficace en UNE chose : me faire remarquer avec désolation qu’aujourd’hui on ne peut plus RIEN dire sans passer pour une raciste, une homophobe, une sexiste, ou en l’occurrence une antisémite.
Facile de décontextualiser des propos pour ne plus en lire que le côté littéral alors qu’ils faisaient partie d’une blague. Facile de montrer du doigt les gens assez ouverts d’esprit pour encore arriver à rire de tout sans se dire « han, faut que je fasse attention, ce que je dis peut être pris pour du racisme ! ». Le vrai racisme, la vraie peur, ce sont les gens comme cette twitasse, fermée et faible d’esprit, qui les créent.
Ce chapitre clos, un autre fait m’a aujourd’hui confirmé que rien n’allait plus ; un article relayé par Fluctuat au sujet d’Intouchables. Certainement pas un chef d’œuvre mais largement assez drôle et rafraîchissant pour mériter ses millions d’entrées, ce film s’est vu défoncer par la critique française ET américaine qui lui prête un message raciste et démago. COME ON ! N’avez-vous donc aucun humour messieurs les journalistes ? Vous qui travaillez dans la communication, ne prêtez pas à ce film une image qu’il n’a jamais voulu emprunter. Ne prêtez pas à la France une réputation PIRE qu’elle n’a déjà. En tenant ce genre de propos, vous aussi, comme mon amie la twitasse, créez un racisme qui n’existe pas et donnez de l’importance aux extrêmes. Alors, ne venez pas vous étonner si Marine gagne à sa cause un peuple que vous aurez conditionné dans un racisme imaginaire.
En attendant, comme a dit Nicolas : « la France, tu l’aimes ou tu la quittes ». Bah moi, je la quitte.
*(Définition : n.f. usagère du réseau social Twitter qui s’épanche frénétiquement sur ses moindres faits, gestes et états d’âme à longueur de journée pour se sentir exister. Connue également pour enquiquiner des gens qu’elle ne connaît pas pour le plaisir/par jalousie/par ennui. Synonyme : trentenaire très mal dans sa peau)