C’est en forgeant qu’on devient forgeron, c’est en voyageant qu’on devient voyageron prudent. A trop se balader la tête en l’air pour admirer Buenos Aires et à se faire des bisous, nous en avons perdu notre petit appareil-photos pourtant bien rangé dans la poche du pantalon de Matthieu. Nous n’avons certainement pas fait assez attention et puis de toutes façons, ce genre de choses arrive partout dans le monde.
Alors 3 Lucky Strike plus tard (OUI, j’ai arrêté de fumer, mais là y’avait un peu urgence), j’ai arrêté d’incendier mon pauvre Matt qui n’y est pour rien et qui aurait réagi tellement mieux si c’est moi qui m’étais faite pick-pocketer et je relativise en me disant qu’on pourra peut-être le retrouver notre Kodak, chez un revendeur de la rue même où on se l’ai fait tirer et peut-être avec les photos ! C’est en tous cas ce que disent les forums que nous avons consultés pour savoir où racheter un appareil pas cher ici.
Maintenant, va faire comprendre à un escroc que la nana en photo sur la carte mémoire qu’il n’a pas enlevée, c’est toi, et que donc non tu ne paieras pas deux fois le prix que tu as déjà payé en France pour récupérer ton bien…
On vous tiendra informés, en attendant il nous reste le petit appareil waterproof pas top mais qui sera bien utile, qu’on va se scotcher au poignet.
Ha et pour info : ça s’est passé avenue Corrientes aux alentours du théâtre San Martin et il paraît que c’est LE repère des voleurs, donc au cas où, vous voilà avertis.
Hasta luego !
On a Vincent Cassel et YSL, ils ont Ricardo Ricardo Darín et Frávegua.
En attendant de vous partager les photos de la casa rosada, du caveau familial des Duarte et de vous apprendre toute la vérité (pas jolie, jolie) sur Evita, musique pour entretenir le mythe.
Avant de regagner Buenos Aires ce soir tard dans la nuit, petite dédicace à ma maman avec le trailer de ce film argentin très prometteur “El ultimo Elvis” , dont je ne connais pas la date de sortie en France mais qui a été présenté en compétition officielle à Sundance, donc ce n’est pas rien.
Histoire et civilisation
Le Ché a été surnommé comme ça parce que “ché” veut dire “mec !” en argentin, ou une forme d’interpellation entre potes, sans parler du fameux son “che” qui remplace le “ll” ou le “y” à Buenos Aires et ses alentours.
La casa rosasa est rosada (rose) à cause d’une histoire de peinture rouge puis bleue (représentant les différents partis s’étant succédés au pouvoir), dont le mélange aurait donné cette couleur barbie vieillote.
Contrairement à ce que veut bien nous faire croire le film “Evita”, Eva Perone était loin d’être toute rose, elle. Et son mari encore moins. Si beaucoup d’Argentins l’adulent et le considèrent comme le meilleur Président qu’ait connu le pays à qui il a apporté une économie florissante, d’autres avouent ses techniques de propagande un peu extrêmes. Par exemple, les enfants apprenaient à écrire en répétant sur une feuille : “Juan est votre père et il vous aime. Evita est votre mère et elle vous aime”.
Aujourd’hui, Christina est appréciée par 75% du pays selon les derniers sondages.
A Buenos Aires, il existe un quartier spécialisé dans la revente d’objets volés : Liberdade, une perpendiculaire à l’avenue Corientes. A la recherche de notre appareil photos, nous nous y sommes baladés (en vain of course !) et avons pu observer le buisiness en pleine action. Le pick-pocket ramène son butin et le revend au commerçant le plus généreux. Celui-ci prend bien soin d’effacer toutes les photos du malheureux touriste et expose l’appareil qu’il revendra jusqu’à trois fois le prix d’origine. Moralité : toujours faire attention à ses affaires et ne RIEN acheter à BA en matière de technologie et de hifi.
Le feu rouge se grille sans problème à BA. En fait, il ne vaut mieux s’y arrêter qu’en cas d’urgence puisqu’il est le lieu où l’on se fait le plus agresser. Les Argentins roulent donc très vite (très mal aussi) en s’arrêtant le moins souvent, surtout aux alentours de la ville.
Gastronomie
Pas de folie culinaire, la parilla reste reine, même si la meilleure que nous ayons mangée était servie à Tigre dans un tout petit restaurant au bord de l’eau.
Ne JAMAIS manger à la Boca au risque de se faire arnaquer sévère sur les prix. Ce quartier est un attrape-touristes à tous les niveaux.
Transports
Buenos Aires a un métro étalé sur 7 lignes. On peut l’emprunter jusqu’à plus de 23h (quand il n’a pas plu, puisque parfois ça cause des dégâts) et on ne l’a jamais vu bondé.
Il y a également une gare qui relie très lentement les villes les plus proches (comme Tigre) et qui coûte 3 fois rien.
On peut relier Colonia en Uruguay en bateau depuis le port Buquebus. Environ une dizaine de voyages par jour à des prix différents suivant la durée. Le moins cher reste encore de prendre la traversée de 3h à 9h du matin. Le plus cher, mais plus rapide, relie Colonia en cinquante minutes (attention au mal de mer !).
Pour partir vers Cordoba, de nombreuses compagnies de bus proposent des billets pas trop chers suivant l’heure de départ (le plus tard restant le moins cher) et le confort désiré. Nous avons opté pour Urquiza : 500 pesos pour 2 billets (50 € chacun). Voyage de 10h. De Cordoba, on apprendra, mais tout le monde se cache bien de le dire, qu il est aussi possible de faire le trajet en train pour seulement 30 pesos (6€ seulement). On ne l’a donc pas expérimenté mais il semblerait que ce soit assez hard : 14 heures de trajet sur des banquettes tape-cul de trois personnes avec une autre banquette en face.